Suite à la démission de Delphine BATAILLE, Dominique BAILLY et René VANDIERENDONCK, élus tout trois Sénateurs,

 

 

  • Michel-François DELANNOY succède à Dominique BAILLY à la Présidence du Groupe,
  • Hélène PARRA succède à Delphine BATAILLE à la Vice-Présidence « Jeunesse et Sports »,
  • Catherine DE PARIS, Rudy ELEGEEST et Michel-François DELANNOY sont membres de la Commission Permanente,
  • Frédéric CHEREAU, Conseiller municipal d’opposition à Douai, est devenu Conseiller régional et a rejoint notre Groupe. 

 

 

 

 

 

 

 

Michel-François DELANNOY

 

Interview de Michel-François DELANNOY, Président du Groupe Socialiste, Citoyen et Radical.

 

 

Pages de Gauche : Maire de Tourcoing et Premier Vice-Président de Lille Métropole Communauté Urbaine, vous avez été élu Conseiller Régional en mars 2010. Vous prenez aujourd’hui la présidence du Groupe Socialiste, Citoyen et Radical, en remplacement de Dominique BAILLY devenu Sénateur. Comment abordez-vous cette nouvelle mission ?

 

 

Michel-François DELANNOY : Avec responsabilité car c’est une mission de confiance au sein d’une grande institution. Je la mènerai aussi avec mon tempérament et avec la volonté toujours de rassembler, d’unir les forces de progrès. 

 

 

Pages de Gauche : A la mi-décembre, l’Exécutif proposera à l’Assemblée Régionale son projet de budget primitif pour 2012. Le Débat d’Orientation Budgétaire vient d’avoir lieu. L’heure est-elle également à la rigueur ? Quels sont les choix qui se dessinent ?

 

 

Michel-François DELANNOY : Les habitants du Nord-Pas de Calais ne nous ont pas élus pour mener une politique de rigueur, mais pour « résister, rassembler et réussir ». Le contexte est difficile. Notre Budget traduit à la fois la détermination de mener une politique de progrès et d’éviter de XXX la Région dans une impasse financière.

 

 

Pages de Gauche : « Résister, Rassembler, Réussir », c’était votre slogan de campagne en 2010, n’est ce pas ?

 

 

Michel-François DELANNOY : Tout à fait, et il est plus que jamais d’actualité. Notre Région a plus que toute autre besoin qu’on investisse dans ses infrastructures, ses lycées, ses transports. En un mot, son avenir. Contrairement à ce que prétend le Gouvernement, l’argent public des collectivités territoriales n’est pas gaspillé. Je prends l’exemple de notre politique de santé. 17 000 nouveaux cas de cancers sont détectés chaque année dans notre région. Ce fléau constitue la première cause de mortalité dans le Nord-Pas de Calais. Grâce à cette grande ambition qu’est le Plan Régional Anti-Cancer, impulsé par le Président Daniel PERCHERON et orchestré aujourd’hui par la Vice-Présidente Cécile BOURDON, nos concitoyens bénéficient d’équipes médicales et d’équipements de pointe qui répondent directement aux besoins régionaux. Fallait-il en faire l’économie ? De même, doit-on sacrifier les transports durables, les lycées, la culture, ou le développement économique sur l’autel de la rigueur ?  Non, bien évidemment.

 

 

Pages de Gauche : Mais concrètement, alors que vous ne disposez plus de leviers fiscaux, que les dotations de l’Etat sont gelées et que les marchés financiers sont dans la tourmente, comment comptez-vous faire ? Quelle est votre recette ?

 

 

Michel-François DELANNOY : Je crois qu’il s’agit avant tout de bon sens, un bon sens  que Bernard ROMAN, Premier Vice-Président applique aux finances régionales depuis de nombreuses années et que la Chambre Régionale des Comptes a salué à plusieurs reprises. Nous proposerons de maintenir nos dépenses de fonctionnement au même niveau que 2011. Le niveau d’investissement sera maintenu car c’est un levier fondamental pour soutenir l’activité économique. Si nous réduisons le montant des travaux portés par l’investissement régional, ce sont les entreprises qui, ayant moins d’activité, auraient alors plus de difficultés encore.

 

Pages de Gauche : Vous mènerez donc le Groupe Socialiste, Citoyen et Radical à cette session budgétaire dans la confiance ?

 

 

Michel-François DELANNOY : Oui, complètement, non seulement dans la confiance, mais également avec l’assurance que les choix que nous faisons aujourd’hui sont les meilleurs pour notre territoire. Les collectivités locales représentent 75 % de l’investissement public. Si nous reculions, qui porterait l’ambition régionale ?  L’Etat manque cruellement d’égards envers le Nord-Pas de Calais, nous venons encore de le constater avec le rejet du projet d’initiative d’excellence nordiste porté par les universités de la métropole lilloise. Nous ne pouvons plus compter sur l’Etat, et je le regrette amèrement. Nos moyens sont certes de plus en plus limités, mais par nos politiques, notre gestion et notre ambition, nous démontrons qu’il existe d’autres perspectives que celles d’une société minée par les inégalités et abandonnée par l’Etat. Si notre pays veut se redresser, il doit miser sur une plus grande décentralisation. Chaque collectivité a son rôle à jouer et doit pour cela bénéficier de l’autonomie politique et financière la plus large. L’heure est à la combativité et pas au renoncement ou au pessimisme.

Bernard ROMAN

 

Par Bernard ROMAN, Premier Vice-Président "Finances, Personnel, Administration Générale, Communication".

 

 

Chaque année, le Débat d’Orientation Budgétaire se déroule dans les dix semaines qui précèdent le vote du Budget Primitif qui aura lieu à la mi décembre. Il permet de faire le point de la situation financière de la collectivité et d’appréhender le cadre budgétaire à venir.

 

Faire abstraction du contexte de crise sans précédent que nous traversons est aujourd’hui impossible. Les liquidités se raréfient et l’Etat poursuit son entreprise d’asphyxie financière des collectivités locales. En effet, les dotations de l’Etat seront chichement comptées pour 2012 !

 

Après une décentralisation régressive et une quasi suppression de notre autonomie fiscale, l’Etat a gelé ses dotations, les a désolidarisées du PIB et de l’inflation et a annoncé une nouvelle réduction de 200 millions d’euros pour 2012.

 

Pour toutes les collectivités, ces « forces vives » qui représentent 75 % de l’investissement public, c’est la double peine. Elles ne disposent plus d’autonomie financière, et doivent toujours davantage suppléer aux carences de l’Etat pour que ne s’aggravent pas davantage les difficultés que rencontrent aujourd’hui les habitants du Nord-Pas de Calais.

 

Sur le territoire régional, de nombreux projets d’investissements, cofinancés par des intercommunalités ou autres opérateurs publics seront sans aucun doute reportés, sinon annulés, fragilisant davantage encore notre économie.

 

La privation pour les collectivités de leur autonomie financière et fiscale a fait perdre à notre Région 264 millions d’euros depuis 2008. Ces 264 millions, nous aurions pu les avoir aujourd’hui sans un centime d’augmentation de la taxe professionnelle ou du foncier bâti. Ces 264 millions d’euros, ce n’est pas un manque à gagner, ce n’est pas un « non gain », c’est une vraie perte.

 

Les seuls leviers sur lesquels nous pouvons encore agir aujourd’hui sont la taxe sur le cheval-vapeur (cartes grises/1€ supplémentaire = 3 millions d’euros d’investissement), et les deux modulations de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers. La taxe sur les cartes grises sera inchangée en 2012.

 

Nous avons choisi d’affecter intégralement les recettes de la modulation de la TIPP aux grandes infrastructures de transport durable indispensables au développement de notre territoire, telles que les liaisons ferroviaires ou le Canal Seine-Nord. Ces recettes seront toujours sanctuarisées, réservées uniquement aux investissements d’avenir.

 

Sans elles, plus aucune ambition pour notre territoire, plus aucune vision pour notre population ne nous seraient permises, plus aucun combat contre les injustices économiques, sociales et environnementales ne pourrait être mené. Sans ces deux modulations, nous ne ferions que « gérer l’ordinaire ».

 

Il en va de même pour les dépenses de fonctionnement qui, si elles n’étaient pas maîtrisées, nous interdiraient tout nouvel investissement.

 

Un million d’euros économisé en dépenses de fonctionnement nous ouvre une capacité d’investissement de 10 millions d’euros. C’est la « règle d’or », notre « règle d’or », que nous appliquons d’année en année. Au-delà d’un service public régional performant et au service de sa population, ce dont le Nord-Pas de Calais a le plus besoin, ce sont justement des investissements qui structurent l’avenir.

 

 

Les intérêts de la dette régionale représentent 3% du budget régional (Pour l’Etat, c’est 15 %  !). Associée à un autofinancement net stabilisé autour des 210 millions d’euros, cette gestion responsable de la dette  permet à la Région Nord-Pas de Calais de conserver son  AA et de lui laisser ouvertes les portes de l’emprunt.

 

Il faut bien avoir en tête l’ensemble de ces indicateurs et de ces lignes directrices. Ils sont primordiaux dans ce contexte de crise de l’économie mondiale et nous permettent d’aborder le Budget Primitif 2012 de manière attentive et responsable. Ainsi, nous poursuivrons la gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement (seul 1% du budget est consacré au fonctionnement de l’Institution), nous maintiendrons un haut niveau d’investissement à hauteur de 700 millions d’euros (comme en 2011), et nous recourrons à l’emprunt de manière contenue.

Michaël MOGLIA

 

Par Michaël MOGLIA, Président de la Commission "Finances, Personnel, Administration Générale, Communication".

 

 

Tous nos indicateurs de gestion sont soit stabilisés, soit en voie d’amélioration. Le Budget Primitif pour 2012 poursuivra dans ce sens, qui répond aux nécessités de la crise.

 

Pour autant, nous avons la ferme intention de poursuivre notre politique d’investissement.

 

Notre responsabilité, dans cette crise, est de mener une politique de justice sociale. C’est le mandat que nous avons reçu des habitants du Nord-Pas de Calais.

 

C’est pourquoi, malgré les appels au régime sec, nous poursuivons notre effort d’investissement. Certes, nous allons être amenés à différer dans le temps certains programmes, mais différer ne signifie pas renoncer.

 

Nous priorisons, nous faisons des choix.

 

Il y a des économies à réaliser. Mais ce n’est pas une raison pour faire une « RGPP régionale », comme certains collègues nous invitent à le faire.

 

Nous sommes heureux et fiers d’avoir 5500 agents régionaux, 5500 agents qui travaillent au service de la collectivité, et qui ne sont pas exposés à la brutalité du secteur marchand. Cela, nous le revendiquons, comme nous revendiquons l’idée qu’en 2011, le droit du travail, les conditions de travail, la sécurisation des parcours professionnels doivent tendre non pas vers le bas, non pas vers le plus petit dénominateur commun, mais vers le haut. Et si le haut, c’est la fonction publique territoriale, alors tant mieux !

 

J’entends Laurent Wauquiez supplier les salariés malades : « soyez responsables, venez travailler quand même : venez avec votre fièvre, venez avec votre douleur, venez même avec vos microbes, mais venez, parce qu’en restant chez vous, vous nous coûtez trop chers »…

 

J’entends également Hervé Mariton réclamer que les fonctionnaires travaillent davantage… pour le même salaire. J’entends le même Hervé Mariton proposer de « dégraisser » davantage en ne remplaçant plus, non pas un départ sur deux, mais deux départs sur trois à la retraite !

 

Nous ne cèderons pas ici au moins-disant social, et nous ne « dégraisserons » pas. Parce qu’un pouvoir public qui « dégraisse », c’est un pouvoir public qui se suicide !

Christine BATTEUX

 

Par Christine BATTEUX, Vice-Présidente en charge du Tourisme.

 

 

Bénéficiant de l’apport de nombreux professionnels et de l’appui du Comité Régional du Tourisme et de sa présidente, Régine SPLINGARD, une large concertation s’est engagée d’Octobre 2010 à Novembre 2011 sur quatre grands axes : « Développement de l’offre et Grands Projets », « Tourisme Engagé / Solidaire », « Compétitivité des entreprises et tourisme d’affaires » et « Image et Promotion de la destination ».

 

Cette démarche a fondé le nouveau projet touristique de la Région : un projet engagé pour un tourisme de sens. Un projet engagé, c’est un projet fondé sur la primauté de l’homme, l’égalité et le partage, la solidarité et l’autonomie. Un projet qui repose sur l’innovation et le savoir-faire, sur l’encouragement des initiatives des hommes et des femmes qui y adhèrent, sur l’engagement individuel de tous comme sur la responsabilité sociale et environnementale des acteurs. Un tourisme de sens, c’est un tourisme qui aborde les politiques touristiques de manière différente, en associant des principes de promotion, d’offre et d’organisation à des principes de solidarité entre les individus. Un tourisme développant l’économie résidentielle, créateur d’activités utiles, innovantes, porteuses de sens, développant l’échange et le lien social, créateur d’emplois de qualité et non délocalisables.

 

Le projet concret s’articule aujourd’hui autour de quatre thématiques et 9 programmes sectoriels.

Les thématiques sont le tourisme culturel, le tourisme de mémoire, le tourisme de nature, de bien-être et de loisirs et le tourisme urbain.

 

Les 9 programmes sectoriels se déclinent comme tel : placer l’habitant  au cœur des politiques, faire du tourisme social et solidaire le cœur de la politique, e-transformer les politiques touristiques, renforcer la professionnalisation des acteurs publics et privés, soutenir l’offre d’hébergement, intégrer une offre de transport durable aux politiques touristiques, favoriser l’évolution des structures publiques, renforcer l’effet de levier des grands équipements et structurer le tourisme de congrès et d’évènements d’entreprises.

 

Ces 9 programmes ont vocation à être repris dans une logique contractuelle par le biais de contrats de rayonnement touristique, dans lesquels se retrouveront tout ou partie des 9 programmes.

 

Notre région a tous les atouts d’une région touristique et peut prétendre au développement de l’Economie résidentielle. Il faut passer maintenant d’une logique de territoire de projet à une logique de projet de territoire, c’est tout l’esprit de la politique qui a été présentée, une politique touristique qui se veut cohérente, concrète et orientée : une politique engagée pour un tourisme de sens.

Régine SPLINGARD 

 

Par Régine SPLINGARD, Présidente du Comité Régional de Tourisme, Conseillère régionale.

 

La première façon de définir notre région comme territoire touristique, c’est de regarder en quelques chiffres le poids économique du secteur :

- 14 è région française pour les dépenses des touristes français (1,4 milliard d’euros),

- 8è région française pour les dépenses des touristes étrangers ((1,4 milliard d’euros),

- 11ème région française en nuitées hôtelières (5,4 millions en 2010),

- 37 000 salariés. En quatre ans le nombre d’emplois du secteur a progressé de 14 %.

 

L’hôtellerie régionale à une période charnière

Aujourd’hui, de nombreux établissements indépendants sont menacés. Qui plus est, la profession hôtelière n’est pas suffisamment fédérée. De nombreux exploitants sont mal informés sur les nouvelles normes d’accessibilité et de classement. Ils ont un grand besoin de conseil et d’accompagnement avant de prendre la décision d’investir.

 

De nombreuses structures d’hôtellerie de plein air sont également en difficulté. Pour nombre d’exploitants, développer les emplacements réservés à une clientèle de passage représente une inconnue et un risque économique. C’est pourtant une piste d’avenir qui impose un accompagnement personnalisé. Il faut d’abord soutenir les structures à se moderniser, se rénover et rejoindre des marques reconnues pour accroître leur force commerciale.

 

Pour une attractivité accrue du territoire

Le travail du CRT consiste aussi à attirer les clientèles. Notre situation géographique au cœur de l’Europe, à proximité des grandes capitales, fait du Nord-Pas de Calais une région touristique incontournable. Une chose est sure, le tourisme participe activement au renouveau économique de la région. Il crée des recettes et des emplois. Il contribue aussi très efficacement à changer notre image. La communication au service de l’attractivité de la région ne peut être efficace que si nous expliquons qui nous sommes et ce que nous avons à offrir. Des évènements culturels et festifs (Lille 2004, Lille 3000, les rencontres internationales de cerfs-volants de Berck sur Mer), participent au renouveau de l’attrait touristique. L’implantation du musée du Louvre à Lens, sera un élément déterminant de notre attractivité. Dans le même ordre d’idée, le tourisme de mémoire, avec les Chemins de Mémoire, est un formidable moyen pour la région, de dialoguer avec le monde.

 

 

Les habitants du Nord- Pas de Calais acteurs de la réussite

Créer le développement touristique doit aussi s’effectuer dans le respect des habitants, de leurs valeurs et de leur territoire. Les actions du CRT permettent de déclencher l’adhésion au territoire, de valoriser les atouts et le potentiel touristique, de guider le visiteur dans son voyage.

 

Enfin, dans le cadre de notre prochaine convention triennale avec le Conseil Régional, nous souhaitons nous engager auprès des opérateurs du tourisme social et solidaire pour permettre à la population régionale qui ne part pas, de passer des vacances en région tout au long de l’année.

dominiquebaillyr rouge

 

Par Dominique BAILLY, Président du Groupe Socialiste, Citoyen et Radical

 

 

Réunie en séance plénière les 23 et 24 juin derniers, l’Assemblée régionale a votée à l’unanimité (sauf le Groupe Front National) le Plan Prévisionnel d’Investissement pour les Lycées. Ce sont ainsi quelques 700 millions d’euros d’investissements prévus d’ici à 2015, au cœur de nos compétences, pour le bien-être de notre jeunesse.

 

Notre Région compte plus d’un million de jeunes de moins de vingt ans. La question de l’avenir des jeunes en Nord-Pas de Calais constitue donc pour nous une mobilisation de tous les instants et doit tous nous préoccuper au-delà des frontières partisanes.

 

Lycées de Haute Qualité Sociétale, Apprentissage, Orientation, Formation tout au long de la vie… Tous ces leviers, nous les actionnons sous l’impulsion du Président Daniel PERCHERON, et des Vice-Présidents Jean-Marie ALEXANDRE, Pierre de SAINTIGNON et Philippe KEMEL, pour donner à notre jeunesse toutes les chances de réussir leur vie professionnelle et citoyenne.

 

La casse de notre système éducatif par l’Etat est insupportable. Nous ne pouvons plus entendre Nicolas Sarkozy oser faire de la fin des fermetures de classes une promesse électorale. Nous ne pouvons plus écouter Madame le Recteur nous dire que la situation est meilleure avec les restrictions budgétaires, nous ne pouvons plus voir cette campagne de communication gouvernementale indécente qui annonce le recrutement de 17 000 personnels dans l’Education Nationale alors que ce sont 16 000 postes qui sont supprimés pour la rentrée prochaine.

 

Ce plan d’investissement est donc un acte majeur pour le développement et l’avenir de notre région.

 

Autre sujet d’actualité évoquée lors de la séance plénière : les grandes inquiétudes suscitées par la possible fermeture de SEVELNORD à Hordain. Le Groupe Socialiste, Citoyen et Radical du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, dans sa détermination à consolider et développer la filière automobile régionale, a voulu par une résolution adoptée à l’unanimité, adresser son soutien aux 2 800 salariés concernés et les assurer de son investissement le plus complet dans la recherche de solutions pérennes pour le maintien du site et de ses emplois.

 

L’industrie automobile régionale et ses 55 000 salariés est essentielle pour le Nord-Pas de Calais. Nous sommes la 2ème région française avec la fabrication de 30% des véhicules et 40% des moteurs et la 3ème région européenne. C’est donc un secteur d’activité structurant sur notre territoire.

 

Selon une étude de l’INSEE de 2010 sur la filière automobile régionale, le chiffre d’affaire a chuté de près de 17% entre 2007 et 2008 passant de 18 à 15 Milliards d'euros. Dans le même temps, 5 000 emplois étaient perdus. Le secteur a encore perdu 1437 emplois en 2009 et 216 durant les 9 premiers mois de 2010 (derniers chiffres disponibles).

 

Nous souhaitons par conséquent que l’Assemblée Régionale se mobilise pour permettre à l’industrie automobile de préserver et de développer son activité dans le Nord Pas de Calais, en s’appuyant notamment sur le nouveau pôle d’excellence automobile.

 

Là encore, la mobilisation doit être générale. Un membre de chaque groupe politique a été invité à accompagner le 5 juillet le Vice-Président Pierre de SAINTIGNON pour l’audition des organisations syndicales, et c’est le 8 septembre prochain, dès la rentrée, que se tiendra notre prochaine séance plénière spécialement consacrée à l’industrie automobile régionale.

Jean-Marie ALEXANDRE

 

Par Jean-Marie ALEXANDRE, Vice-président "Lycées- Schéma Régional des Formations"

 

Après avoir voté le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles en mai dernier, nous arrivons en toute logique à une des premières incidences, pour les compétences régionales, de la prospective en termes de filières de formation, je veux parler du Programme Prévisionnel des Investissements, le fameux PPI, dont il est question depuis plusieurs années.

 

La carte des formations connait et a connu depuis dix ans des bouleversements sans précédent : fermetures de dizaines de filières, suppression de milliers de postes… la baisse démographique a certes joué un rôle, elle a cependant été largement dépassée par le décrochage qui, à chaque rentrée, a abouti au fait qu’il a manqué 10 000 jeunes dans les lycées.

 

Ces deux phénomènes cumulés : démographie et décrochage, ont permis aux services académiques de laisser les lycées publics à la merci d’un véritable raz de marrée qui nous laisse face à des établissements naufragés accueillant deux ou trois cent élèves alors qu’ils en scolarisaient plus de 1000 il y a encore 7 ou 8 ans.

Subrepticement, plusieurs lycées ont déjà été rayés de la carte, certains LP se voyant, par exemple, transformés en simples sections d’enseignement professionnel (SEP) perdant du même coup, leur personnalité morale et juridique et le Conseil d’administration qui va avec.

 

Au-delà de cette situation inquiétante, la formation initiale connait depuis 4 ans une véritable révolution : ces dernières rentrées scolaires ont vu se succéder et se superposer : la réforme de la voie professionnelle -du bac pro comme on dit-, la réforme du lycée et très vite, en septembre 2011, la réforme de la voie technologique.

 

Il s’agit maintenant pour la délégation lycées de pouvoir « traduire » matériellement - en locaux et en équipements - cet exercice fondamental d’écriture des parcours de formation tout au long de la vie de notre jeunesse.

 

L’Exécutif et la Commission « Lycées » ont entendu les attentes des 190 lycées publics, attentes qu’ils ont croisées avec leur connaissance sans cesse actualisée de l’état du patrimoine, attentes qu’ils ont croisées avec les travaux de prospective qu’ils menaient sur la carte des formations.

 

Le dernier mandat a été particulièrement marqué par ces grands chantiers. Le transfert des TOS consécutif à la prise en charge des missions prévues à la loi d’Aout 2004, le schéma régional des formations voté en 2006, ont été à l’origine d’approches fortement renouvelées du Programme Prévisionnel des travaux dans les lycées.

 

Et puis, il y a eu aussi des évolutions en termes budgétaires pour les Régions : celles-ci privées de la capacité de lever l’impôt, ont vu leurs recettes et leurs marges de manœuvre largement amputées.

 

Pourtant, dans ce contexte de rigueur budgétaire et d’incertitude sur le devenir des lycées, les budgets consacrés à cette première compétence obligatoire et centrale de notre région n’ont pas faibli : le patrimoine hérité de l’Etat ne nous laissait pas le choix pour ce qui est de travaux de sécurité et de réhabilitation et l’immense désarroi des populations de bon nombre de nos bassins de formation nous a incités à toujours moderniser davantage, à améliorer sans relâche, la qualité de vie de ces établissements qui, pour certaines familles et dans certains territoires, constituent le seul lieu d’espérance pour un avenir meilleur.

 

Avec l’avènement du nouveau mandat, j’ai souhaité à la fois m’inscrire dans la continuité et anticiper des modes de faire adaptés à cet univers continuellement en mouvement qui est désormais le nôtre. Les priorités que j’ai souhaité fixer afin de prioriser la réalisation des travaux semblent évidentes :

 

Il y a tout d’abord la haute qualité sociétale qui recouvre à la fois toutes les dimensions du développement durable, tant dans l’utilisation des matériaux que dans le respect et la valorisation de l’environnement, également dans la recherche de modes d’exploitation économes.

 

Cette haute qualité sociétale, c’est aussi tout ce qui concourt au « bien vivre ensemble », à la qualité du service rendu à l’usager : l’usager dans son acception la plus large : le lycéen en tout premier lieu mais aussi les enseignants, les techniciens ouvriers de services, les équipes administratives et de direction, les parents, les apprenants de la formation tout au long de la vie, les habitants de la cité plus globalement…

 

Il y a également le lycée campus de la formation tout au long de la vie.

Pour les raisons d’évolutions d’effectifs que j’ai dites juste avant, un nombre impressionnant de milliers de mètres carrés sont pour l’instant inoccupés.

 

Le projet que nous portons de ramener les décrocheurs à l’école, de convaincre des jeunes dans solution de faire un pas vers l’insertion grâce à l’alternance que ce soit par apprentissage ou en formation continue, impose que nous mettions à la disposition de ce grand projet de formation tout au long de la vie, les ateliers, les locaux, les équipements que nous avons su créer et financer dans nos lycées.

 

Non, les lycées ne doivent pas disparaître des quartiers des territoires, dans lesquels ils représentent la jeunesse, la vie, la formation, le chemin vers l‘emploi.

 

Pour cela nous devons collectivement mutualiser les moyens et les décisions pour que ces lieux emblématiques de nos villes s’ouvrent à toute la population en devenant de véritables campus de la formation. Cela implique aussi des travaux, des organisations spécifiques pour que des publics différents cohabitent, des équipements modernes, des installations sportives, des espaces modulables et des abords éclairés, valorisés et sécurisés. Le tout dans un environnement propice à la biodiversité.

 

Vous découvrirez que le lycée du troisième millénaire n’est pas un feuilleton de science fiction mais qu’il a d’ores et déjà commencé à s’imaginer dans la programmation des travaux que nous mettons en place.

 

La gestion individualisée qui a connu son premier exercice avec l’instauration d’un dialogue particulier avec chaque établissement est appelée à devenir un principe d’organisation de ce lycée de demain qui a déjà commencé à vivre.

Le challenge que nous nous donnons est de contribuer à l’élévation des qualifications des jeunes, c’est la priorité commune à tous les contrats de plan que nous signons. Ce challenge implique que nous nous donnions les moyens budgétaires à la hauteur mais aussi respectueux de nos contraintes pour réaliser les ambitions dont je viens de parler.

Au delà du fait que chacune des opérations est bien entendu au cœur du travail de la commission « lycées » et des délibérations de la commission permanente, nous soumettrons le Programme Prévisionnel des Investissements à la séance plénière, chaque année au moment du budget,

 

L’ensemble des opérations s’inscrit dans une enveloppe globale d’autorisations de programme de 2011 à 2015 avoisinant 795 millions d’euros. Cette estimation est appelée à être reprécisée, opération par opération, et subira, bien entendu les fluctuations éventuelles, en fonction des phasages, des priorisations et des spécificités liées à l’acte de construire.

 

Le Programme Prévisionnel des Investissements dans les lycées est un exercice de construction sociale bien plus encore que de construction patrimoniale. Il n’est possible que dans une construction collective et partagée reconnaissant les priorités et les lignes de force de l’action régionale en faveur des lycéens et plus globalement des apprenants susceptibles de trouver un lieu d’émancipation dans le lycée public. La transparence et l’information la plus détaillée possible constituent ma volonté qui est aussi celle de l’exécutif et du Président Percheron. Nous serons tous partie prenante de ces choix si déterminants qui conditionnent la réussite de notre jeunesse.

A travers cette réussite, c’est celle de notre territoire que nous ambitionnons. Je vous demande d’être à mes cotés pour que ce Plan Prévisionnel des Investissements se traduise en qualité de vie pour la communauté éducative, en modernité pour la pédagogie, en attractivité pour les territoires, en compétitivité pour les entreprises. Nos lycéens, nos lycées sont notre avenir.

Hélène PARRA

Par Hélène PARRA

 

Monsieur le Vice-Président Alexandre en a parlé, revenons sur la campagne de publicité lancée par le Ministre Luc Chatel pour le recrutement d’enseignants. Je passerai rapidement sur le cout d'une telle campagne: 1.3 millions d'euros, car effectivement cela se passe de commentaire.

 

Nous faisons ainsi la connaissance de Laura, jeune femme visiblement épanouie, qui va trouver sa voie dans l’enseignement et je cite « le poste de ses rêves ». Elle lit un livre inconfortablement installée. On apprend sur cette publicité diffusée à grande échelle que l’éducation nationale s'apprête à recruter 17000 enseignants, quelques semaines après l’annonce de la suppression de 16000 postes à la rentrée 2011. Cruelle provocation.

 

Mais suivons le parcours de Laura : elle va pouvoir exercer un beau métier, un très beau métier qu’est celui de la transmission du savoir. Autant dire tout de suite que pour sa formation professionnelle, elle devra se contenter de deux journées et d’un dvd qui à coup sur l’aidera à adopter la bonne attitude et en toutes circonstances lorsqu’elle sera devant ses élèves.

 

Par chance, Laura est affectée dans un lycée du Nord Pas de calais et comme dit le dicton, elle pleurera deux fois : en arrivant et en repartant.

 

En arrivant, parce qu’elle connait les multiples injustices qui frappent cette terre qu’elle sait très attachante, les plaies parfois encore béantes liées à la reconversion industrielle : un taux de chômage des jeunes qui classe la région dans la position la plus défavorable au regard des données de la métropole. Elle sait aussi que sur les 4 millions d’habitants que compte la région, 36.5 % ont moins de 25 ans et en font la plus jeune région métropolitaine.

 

Elle sait aussi que plus qu’ailleurs les 16/25 ans sont confrontés à des problématiques de scolarisation, de sortie précoce du système éducatif, de qualification.

 

Elle sait aussi que le taux de scolarisation des 16-19 ans et des 20/24 ans est de 79.9 % et 31.8% quand la moyenne métropolitaine est à 82.6 et 32.5%.

 

Laura sait également que le taux de réussite aux examens est légèrement inférieur aux chiffres nationaux. Elle sait enfin que les jeunes de la région souffrent de difficultés spécifiques : prégnance de l’illettrisme et poids du décrochage scolaire.

 

Au fait de tous ces éléments, connaissant l’histoire du nord pas de calais, elle se dit en toute bonne foi qu’un effort national particulier doit être consenti dans cette région. Elle sait que des suppressions de postes ont lieu et que des départs en retraite ne sont pas remplacés, mais elle se dit que, quand même, la région doit être épargnée par les coupes sombres opérées dans l’éducation nationale. Laura, incrédule, découvre la réalité des chiffres et se dit que derrière ces suppressions : il n’y a même pas de logique comptable. En effet, l'augmentation des effectifs en 2010 qui n'avait concerné que les collégiens se confirme en 2011 et concerne également les lycées. Ce sont 2700 collégiens et 1000 lycéens de plus qui feront leur rentrée scolaire en septembre prochain. Et pourtant, avec ces 3700 élèves en plus, 470 postes d'enseignants seront supprimés dans les collèges et les lycées du nord pas de calais. C'est à n'y rien comprendre. La machine à calculer généralement utilisée pour réduire les dépenses publiques a visiblement dysfonctionner. En plus, malgré tout ce que l'on a dit plus haut sur les efforts qui devraient être alloués, c'est l'inverse qui se produit puisque la région paie un lourd tribut: 470 emplois sur les 4910 pour la France entière.

 

Laura creuse ainsi la question et comptabilise 343 postes supprimés dans les lycées d'enseignement général et 175 en lycée professionnel. Elle se rappelle également avoir entendu parler des écoles maternelles et de la volonté du rectorat de ramener le taux de scolarisation des 3 ans au niveau de la moyenne nationale alors qu’ avec 40 % des éleves de 3 ans scolarisés, cela constituait un atout pour la région… Mais passons

Laura, qui nous ne l'avons pas encore précisé, va enseigner en filière technique se demande bien ou elle va atterrir: en tous cas, pas là ou on forme aux métiers de la maintenance puisque ces formations sont massivement fermées alors que, au passage, les branches professionnelles font état de besoins non satisfaits. Elle se dit que cal va être difficile d'être nommée à la Bassée, à Savary à Wattrelos, au LP Turgot de Roubaix ou encore au LP Ferry d'Arras. Bon, dans les filières de productique, électronique ou chaudronnerie, ca ne sera guère mieux: elle n'ira sans doute pas à Camille Claudel à Fourmies, au lycée Labbé de Douai à Pasteur à Henin Beaumont, ferrer à Lille ou encore au lycée du Hainaut à Valenciennes. Elle aime bien aussi la ville de Saint André et son lycée professionnel des vertes feuilles, mais la aussi après renseignement, un poste y est également supprimé et là ou dans des filières il y avait 40 élèves en seconde, le rectorat n’ouvre plus que 15 places en première. (Espérant peut être que les élèves s’envolent pendant l’été).

 

En plus de ces fermetures, elle s'inquiète du sort des établissements qui avaient déjà été fragilisés aux rentrées précédentes. Plusieurs établissements attirent particulièrement son attention: Eiffel à Armentières, Beaupré à Haubourdin, Rostand à Roubaix, Val de lys à Estaires, Jacquard à Caudry, Pasteur à Somain, sans même parler de la situation encore plus préoccupante de Crespin et de Feignies.

 

Laura ne réalise pas bien et découvre incrédule ce plan de démantèlement des lycées. Alors elle cherche des moyens d'être rassurée et regarde ce qui se fait du coté de la Région.

 

Elle apprend que la région a signé un contrat de plan de développement des formations professionnelles et que les rentrées scolaires suivantes devront s'appuyer sur lui. Elle trouve louables les objectifs qu'il se fixe comme " favoriser par la formation l'adaptation des personnes aux mutations socio-économiques et accompagner l'émergence des filières d'excellence de demain, porteuses d'avenir et d'emploi". Négocié avec les branches professionnelles et produit à l'issue d'un processus fort de concertation, elle note également que cela est fait en cohérence avec le schéma de développement économique. Mais elle apprécie surtout les priorités dégagées dont l'élévation du niveau des connaissances ou la prévention du décrochage.

 

Coté lycées, elle regarde encore de plus prêt et elle entend parler du plan prévisionnel d'investissement, ses 700 millions d’euros et du Vice-Président en charge des lycées au Conseil régional.

 

Elle avait suivi les débats budgétaires et la réforme de la fiscalité locale qui dépouille les collectivités de leurs ressources propres, qu’elles n’ont plus de marge de manœuvre et que leurs ressources dépendront désormais quasi intégralement de l’etat. Elle sait que les budgets sont plus que jamais contraints et le PPI s’inscrit ainsi dans une logique, pour le coup, à plusieurs visées :

- compte tenu des contraintes, il se conçoit comme un document d’orientation témoin d’une gestion responsable des deniers publics

- c’est également un travail important d’anticipation des évolutions des effectifs, des évolutions légales, des réformes pédagogiques

Laura se rassure sur l’avenir des lycées en se disant que la région porte l’ambition pour ces établissements et qu’elle joue un rôle stratégique d’anticipation. C’est d’une certaine manière démontrer la confiance et le soutien aux équipes, aux lycéens, aux parents d’élèves. Un pôle d’appui stable et fiable avec au cœur des réflexions les 190 EPLE et les

129131 lycéens.

 

Le PPI établit ainsi une liste d’opérations immobilières et d’équipements sur la base d’un dialogue avec les établissements. Il s’agit ainsi d’un travail issu de la concertation et en tenant compte des demandes et des attentes formulées à la région.

 

De plus, Laura, se mettant à la place des élus régionaux, se dit que c’est également intéressant (et très précieux) pour eux d’avoir une présentation annuelle des projets, des priorités et estimations de couts actualisées.

 

Les projets ne manquent pas et des investissements conséquents sont prévus : prenons le valenciennois : une construction d’un lycée horticole à Raismes, des restructurations importantes dans les établissements de valenciennes, à Marly ou encore à Saint Amand.

 

Pensons également au bassin Lens-Hénin-Liévin : une construction d’internat à Liévin, d’un CFA à Lens.

Tout cela est très concret, visible, lisible.

 

Jean Marie Alexandre l’a bien expliqué : l’ambition de la Région est de faire des lycées des établissements du 3ème millénaire et visent d’une part à la haute qualité sociétale et d’autre part à devenir des lieux de la formation tout au long de la vie c'est-à-dire des lycées campus.

 

Et sur ce dernier point, Laura donc future enseignante voit dans ce concept des lycées campus une idée novatrice qui fera évoluer la vie d’un établissement.

 

En effet, dans une région comme la notre, encore plus qu’ailleurs, nous savons que le lycée général n’est pas nécessairement la voie d’excellence et que les lycées professionnels occupent tout à fait une place centrale dans les dispositifs de formation. L’apprentissage quant à lui prépare plus activement l’insertion des jeunes dans la vie active.

 

J’ai eu le plaisir d’aller saluer un élève du CFA BTP de Roubaix sélectionné au niveau régional pour concourir au meilleur apprenti de France, spécialité peinture. J’y ai rencontré des apprentis volontaires, de véritables artistes, patients et rigoureux et pour lesquels les perspectives d’emploi sont réelles.

 

Proposer que les lycées deviennent l’axe central des formations et intègrent différentes structures (CFA, services communs des GRETA) c’est être cohérent. C’est pour la région mettre les moyens pour proposer les lieux de la formation tout au long de la vie et penser ces lieux autrement. C’est mettre à disposition des locaux, aménager des milliers de metres carrés et se donner toutes les chances de réussir la cohabitation de publics différents, créer des espaces vivants et modulables. Repenser les espaces, leurs roles, les circulations les lieux d’activités. Repenser également les temps, les temps d’apprentissage, les temps de détente.

 

C’est améliorer la qualité de vie et les conditions d’apprentissage. Un lycée et encore plus un lycée campus c’est un cœur qui bat dans une ville, sur un territoire.

 

Revenons à laura, future enseignante de notre région.

Laura aura finalement pleuré de rage devant les injustices des suppressions de postes dans notre académie, elle aura aussi beaucoup ri (mais un peu jaune) en entendant le Président Sarkozy annoncer qu’il n’y aura pas de suppression à la rentrée 2012 et elle se dit qu’il devrait y avoir une élection présidentielle chaque année…

 

Par Vincent LENA, Président de commission "Jeunesse et Sports"

 

Deux réflexions : d’abord une réflexion sur la tonalité de l’intervention du groupe majorité présidentielle, ce n’est pas à moi de commenter les expressions politiques des groupes, mais j’ai trouvé que cette expression était finalement assez pessimiste et défaitiste, et si il y a un point qui je pense est assez consensuel, d’ailleurs sur les bancs de nombreux conseillers régionaux, c’est que les régions et particulièrement celle-ci ont fait leur travail depuis vingt ans pour rénover, remettre aux normes un parc immobilier qui avait été laissé par l’état dans une situation dramatique voir scandaleuse. Je pense que l’on doit tous revendiquer cet effort gigantesque.

 

 

 

 

 

La deuxième : il ne faudrait pas que l’on oublie, où que l’on fasse oublier, l’ambition qu’il y a derrière ce plan pluriannuel d’investissement, notamment au titre de la haute qualité sociétale, qui me semble-t-il est une véritable révolution. Au-delà de la remise aux normes du parc immobilier nous a laissé l’état, il y a aussi l’enjeu de construire ce que l’on pourrait appeler un lycée de combat, qui dans une région où il y a de fortes inégalités sociales, où l’environnement s’est encore dégradé ces dernières années, un lycée qui doit être porteur de tous les espoirs de nos jeunes, de leurs familles dans notre région. Et quand on parle de haute qualité sociétale, ce n’est pas simplement pour se faire plaisir, c’est pour que tous les lycées puissent respirer cette ambition là, cette volonté de réussite, d’épanouissement citoyen, cette promesse républicaine. Je crois qu’il y a cela derrière le PPI.

  

Ce concept de haute qualité sociétale, mobiliser toutes les ressources du lycée et de l’extérieur, c’est une révolution.

  

On devrait tous se retrouver sur l’avenir de notre jeunesse, mais l’écart est grand entre une région et des départements qui investissent dans des locaux, dans des conceptions modernes, fortes et volontaristes de l’éducation, et un Etat totalement replié, étriqué, qui semble monnayer ses efforts…La haute qualité sociétale appelle une haute qualité gouvernementale, que l’on est en droit d’attendre et pour laquelle on doit se battre.

 

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