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Par Jean-Marie ALEXANDRE, Vice-président "Lycées- Schéma Régional des Formations"
Après avoir voté le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles en mai dernier, nous arrivons en toute logique à une des premières incidences, pour les compétences régionales, de la prospective en termes de filières de formation, je veux parler du Programme Prévisionnel des Investissements, le fameux PPI, dont il est question depuis plusieurs années.
La carte des formations connait et a connu depuis dix ans des bouleversements sans précédent : fermetures de dizaines de filières, suppression de milliers de postes… la baisse démographique a certes joué un rôle, elle a cependant été largement dépassée par le décrochage qui, à chaque rentrée, a abouti au fait qu’il a manqué 10 000 jeunes dans les lycées.
Ces deux phénomènes cumulés : démographie et décrochage, ont permis aux services académiques de laisser les lycées publics à la merci d’un véritable raz de marrée qui nous laisse face à des établissements naufragés accueillant deux ou trois cent élèves alors qu’ils en scolarisaient plus de 1000 il y a encore 7 ou 8 ans.
Subrepticement, plusieurs lycées ont déjà été rayés de la carte, certains LP se voyant, par exemple, transformés en simples sections d’enseignement professionnel (SEP) perdant du même coup, leur personnalité morale et juridique et le Conseil d’administration qui va avec.
Au-delà de cette situation inquiétante, la formation initiale connait depuis 4 ans une véritable révolution : ces dernières rentrées scolaires ont vu se succéder et se superposer : la réforme de la voie professionnelle -du bac pro comme on dit-, la réforme du lycée et très vite, en septembre 2011, la réforme de la voie technologique.
Il s’agit maintenant pour la délégation lycées de pouvoir « traduire » matériellement - en locaux et en équipements - cet exercice fondamental d’écriture des parcours de formation tout au long de la vie de notre jeunesse.
L’Exécutif et la Commission « Lycées » ont entendu les attentes des 190 lycées publics, attentes qu’ils ont croisées avec leur connaissance sans cesse actualisée de l’état du patrimoine, attentes qu’ils ont croisées avec les travaux de prospective qu’ils menaient sur la carte des formations.
Le dernier mandat a été particulièrement marqué par ces grands chantiers. Le transfert des TOS consécutif à la prise en charge des missions prévues à la loi d’Aout 2004, le schéma régional des formations voté en 2006, ont été à l’origine d’approches fortement renouvelées du Programme Prévisionnel des travaux dans les lycées.
Et puis, il y a eu aussi des évolutions en termes budgétaires pour les Régions : celles-ci privées de la capacité de lever l’impôt, ont vu leurs recettes et leurs marges de manœuvre largement amputées.
Pourtant, dans ce contexte de rigueur budgétaire et d’incertitude sur le devenir des lycées, les budgets consacrés à cette première compétence obligatoire et centrale de notre région n’ont pas faibli : le patrimoine hérité de l’Etat ne nous laissait pas le choix pour ce qui est de travaux de sécurité et de réhabilitation et l’immense désarroi des populations de bon nombre de nos bassins de formation nous a incités à toujours moderniser davantage, à améliorer sans relâche, la qualité de vie de ces établissements qui, pour certaines familles et dans certains territoires, constituent le seul lieu d’espérance pour un avenir meilleur.
Avec l’avènement du nouveau mandat, j’ai souhaité à la fois m’inscrire dans la continuité et anticiper des modes de faire adaptés à cet univers continuellement en mouvement qui est désormais le nôtre. Les priorités que j’ai souhaité fixer afin de prioriser la réalisation des travaux semblent évidentes :
Il y a tout d’abord la haute qualité sociétale qui recouvre à la fois toutes les dimensions du développement durable, tant dans l’utilisation des matériaux que dans le respect et la valorisation de l’environnement, également dans la recherche de modes d’exploitation économes.
Cette haute qualité sociétale, c’est aussi tout ce qui concourt au « bien vivre ensemble », à la qualité du service rendu à l’usager : l’usager dans son acception la plus large : le lycéen en tout premier lieu mais aussi les enseignants, les techniciens ouvriers de services, les équipes administratives et de direction, les parents, les apprenants de la formation tout au long de la vie, les habitants de la cité plus globalement…
Il y a également le lycée campus de la formation tout au long de la vie.
Pour les raisons d’évolutions d’effectifs que j’ai dites juste avant, un nombre impressionnant de milliers de mètres carrés sont pour l’instant inoccupés.
Le projet que nous portons de ramener les décrocheurs à l’école, de convaincre des jeunes dans solution de faire un pas vers l’insertion grâce à l’alternance que ce soit par apprentissage ou en formation continue, impose que nous mettions à la disposition de ce grand projet de formation tout au long de la vie, les ateliers, les locaux, les équipements que nous avons su créer et financer dans nos lycées.
Non, les lycées ne doivent pas disparaître des quartiers des territoires, dans lesquels ils représentent la jeunesse, la vie, la formation, le chemin vers l‘emploi.
Pour cela nous devons collectivement mutualiser les moyens et les décisions pour que ces lieux emblématiques de nos villes s’ouvrent à toute la population en devenant de véritables campus de la formation. Cela implique aussi des travaux, des organisations spécifiques pour que des publics différents cohabitent, des équipements modernes, des installations sportives, des espaces modulables et des abords éclairés, valorisés et sécurisés. Le tout dans un environnement propice à la biodiversité.
Vous découvrirez que le lycée du troisième millénaire n’est pas un feuilleton de science fiction mais qu’il a d’ores et déjà commencé à s’imaginer dans la programmation des travaux que nous mettons en place.
La gestion individualisée qui a connu son premier exercice avec l’instauration d’un dialogue particulier avec chaque établissement est appelée à devenir un principe d’organisation de ce lycée de demain qui a déjà commencé à vivre.
Le challenge que nous nous donnons est de contribuer à l’élévation des qualifications des jeunes, c’est la priorité commune à tous les contrats de plan que nous signons. Ce challenge implique que nous nous donnions les moyens budgétaires à la hauteur mais aussi respectueux de nos contraintes pour réaliser les ambitions dont je viens de parler.
Au delà du fait que chacune des opérations est bien entendu au cœur du travail de la commission « lycées » et des délibérations de la commission permanente, nous soumettrons le Programme Prévisionnel des Investissements à la séance plénière, chaque année au moment du budget,
L’ensemble des opérations s’inscrit dans une enveloppe globale d’autorisations de programme de 2011 à 2015 avoisinant 795 millions d’euros. Cette estimation est appelée à être reprécisée, opération par opération, et subira, bien entendu les fluctuations éventuelles, en fonction des phasages, des priorisations et des spécificités liées à l’acte de construire.
Le Programme Prévisionnel des Investissements dans les lycées est un exercice de construction sociale bien plus encore que de construction patrimoniale. Il n’est possible que dans une construction collective et partagée reconnaissant les priorités et les lignes de force de l’action régionale en faveur des lycéens et plus globalement des apprenants susceptibles de trouver un lieu d’émancipation dans le lycée public. La transparence et l’information la plus détaillée possible constituent ma volonté qui est aussi celle de l’exécutif et du Président Percheron. Nous serons tous partie prenante de ces choix si déterminants qui conditionnent la réussite de notre jeunesse.
A travers cette réussite, c’est celle de notre territoire que nous ambitionnons. Je vous demande d’être à mes cotés pour que ce Plan Prévisionnel des Investissements se traduise en qualité de vie pour la communauté éducative, en modernité pour la pédagogie, en attractivité pour les territoires, en compétitivité pour les entreprises. Nos lycéens, nos lycées sont notre avenir.
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